03/01/2026

Contredanses macabres, Patryck Froissart - Critique de Parme Cerizet

Contredanses macabres de Patryck Froissart

couverture
Contredanses macabres de Patryck Froissart

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

La note : 10 étoiles
Visites : 570 

"Contredanses macabres" de Patryck Froissart : un portrait lucide et visionnaire de la cruauté humaine

Tout vient au monde pour y vivre un bref instant et y mourir presque aussitôt, tel le lys « majestueux le matin », qui le soir, déjà, n’est plus que « gloire nécrosée ».
Le poète le sait, sa « carcasse » est « promise au fumier ».
Doté d’une douloureuse lucidité, il réalise que dans « le bal macabre » des guerres, chacun meurt dans l’indifférence la plus totale. Ainsi, un « petit cadavre » se « désagrégeant » dans une ornière....

Fidèle à la lettre d’Arthur Rimbaud à Paul Demeny du 15 mai 1871, Patryck Froissart travaille à son tour à se rendre « voyant », « par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens »… Sur « l’écran de ses nuits » s'affichent les « foyers ténébreux » de la planète. La « fureur sanguinaire » le révolte. Il est hanté par les victimes anonymes de la cruauté humaine, enterrées dans un trou de trottoir, n'ayant leur place ni au cadastre officiel ni au ciel.
« Dans les fracas, dans les gravats », l’enfant s’en va », dit-il.
Puis, s’adressant aux hyènes, scorpions, requins :
« Au grand tableau d’horreur vous n’êtes point les pires. L’homme en somme est l’aria de toutes vos laideurs. »
La confrontation à cette « folle violence » le rend antimilitariste : « Toujours sans borne est mon horreur de l’ossuaire militaire. »

Certains passages frôlent Les Illuminations rimbaldiennes : « Aux vieux vergers des Hespérides / Les orangers désespérés / Pleurent amers aux sols putrides / Leurs poncires dégénérés »…
Une vision apocalyptique mais réaliste d’un monde où « la belle prise est rare à la pêche au bonheur ».
Un recueil percutant, sans concession, superbement écrit et construit, qui dérange dans le bon sens du terme et fait réfléchir à notre "inhumaine" condition.

Parme Ceriset
(Chroniques de Parme C.)

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Pulsations perverses, Patryck Froissart. Critique de jean-paul gavard-perret pour Le Littéraire

Pulsations perverses
599958045_122167263308759713_4465646889464552813_n.jpgUn article de jean-paul gavard-perret dans le magazine Le Littéraire.
Qu'il en soit remercié!
L'art d’aimer
Patryck Froissart nous embarque plus que sur une gondole d’amoureux à Venise. Son voyage et sa traversée prennent plus d’espace-temps puisque, pour lui, chaque amour est un mythe qui recommence à travers les civilisations, les langues et les formes de l’art d’aimer. Souvent, près des dunes harassées de chaleur qui menacent et font chavirer tout calife avide d’abbaye, des ombres tentatrices font de tout homme un diable.
Le titre est lui-même un peu pervers car l’auteur possède le sens des rites et du mixage de l’érudition et de la sensualité auprès de l’amour (théoriquement) « absente de tout bouquet » de Mallarmé. Mais l’auteur l’interroge ainsi que la perte, la répétition et la persistance du désir à travers les âges. Le tout dans un labyrinthe lumineux où la poésie devient une manière d’habiter le monde.
Un tel auteur orchestre la seule odyssée où les siècles s’effacent, où les corps se cherchent à travers métamorphoses, renaissances, enlèvements (consentis). Et l’imaginaire des lectrice et lecteurs a de quoi réimager fantasmes et pensées. De la plage originelle – voire du jardin d’Eve – aux déserts berbères, des ombrages de Cordoue jusqu’à de nouvelles îles de Lesbos, le poète poursuit la silhouette fuyante de l’Éternelle.
Elle est amante, princesse, déesse, sultane, captive, revenante, et bien des dieux jaloux la traquent. Le tout en alliage de prose et d’éclats lyriques poétiques – parfois en un style classique érotique, chargé d’adjectifs et de mots précieux – pour revenir à la mémoire des mythes fondateurs, des figures romanesques. Le tout en sérails, lagons, mirages.
Nous retrouvons la matière de la quête éternelle. Celle de rejoindre et de s'unir à l’Autre, qui incarne l’unité première -et même, écrit l’auteur, « de l’androgyne platonicien ». Qu’ajouter de plus ? Rien ou presque car Patryck Froissart possède l’art de brouiller les cartes du Tendre en des trajectoires parfois divergentes mais souvent convergentes.
jean-paul gavard-perret

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Pulsations perverses, Patryck Froissart, préface d'Issa Asgarally

599958045_122167263308759713_4465646889464552813_n.jpgPulsations perverses

La riche préface du critique Issa Asgarally
Pulsations perverses, conte poétique
Chaque amour, un mythe qui recommence…
Dans Pulsations perverses, Patryck Froissart orchestre une odyssée où les siècles s’effacent, où les corps se cherchent à travers les métamorphoses, les renaissances et les enlèvements consentis que réinvente inlassablement l’imaginaire humain. De la plage originelle
aux déserts berbères, des jardins ombragés de Cordoue aux îles jeunes où s’affrontent les vents, le poète poursuit la silhouette fuyante de
l’Éternelle (amante, déesse, sultane, captive, revenante) que lui dispute un dieu jaloux, omniprésent et changeant comme la mer. Un alliage de prose pétillante et d’éclats lyriques qui convoque mémoire des mythes fondateurs, figures romanesques, sérails, lagons, tombeaux et mirages pour en faire la matière d’une quête inextinguible : retrouver l’Autre, celle dont chaque incarnation promet l’unité première de l’androgyne platonicien.
Dans cet entrelacs d’érudition et de sensualité, le lecteur voyage à travers les civilisations, les langues et les formes, guidé par une voix
qui interroge l’amour, la perte, la répétition et la persistance du désir à travers les âges.
Pulsations perverses est moins un recueil qu’un labyrinthe lumineux, où la poésie devient une manière d’habiter le monde, d’affronter les
dieux, et d’aimer malgré – ou grâce à – l’infini des séparations.
La préface de Issa Asgarally:
Préface, par Issa Asgarally
La réalité est complexe et l’ellipse est si présente dans la vie et dans les œuvres que le non-dit, l’espace entre les mots – comme le disait souvent Jean Fanchette, psychanalyste et poète -- est parfois plus important que le dit. On sait que c’est vrai au théâtre. C’est aussi vrai en poésie. Pulsations perverses de Patryck Froissart en est l'illustration.
Continuité et ruptures
L’alternance de poèmes et de prose pourrait dérouter certains lecteurs. Elle n’est pas le fruit d’un pur hasard. Elle repose sur une construction minutieuse qui est faite de continuité et de ruptures. Continuité, car des mots-clés semblent assurer le lien d’un texte à l’autre, poème ou prose. Ainsi dans les deux premiers poèmes -- différents dans leurs structures – et le premier morceau en prose, des mots comme « plage » assurent l’unité des textes.
Décembre agonissait mes vannes de bassan
Ton delta palpitait, vers l’aine de la plage,
Orientant ma remonte au primal Hermitage…
Je sais en ton écume
Alors que je m’envase
Au ventre de la plage
Le clin vert et malin
D'un louche cristallin.
Sur la plage fondamentale, un vingt-cinq décembre, adolescent circonstanciel, enjambant les gisants, je brassais l’empyrée, oubliant d’avoir perdu, dans un âge antérieur, un combat titanesque.
Mais Pulsations perverses présente également des ruptures. Sa disposition en puzzle est en affinité avec le mode de lecture qui est le nôtre aujourd’hui, consistant à passer d’un type de texte à un autre, et donc à mener deux ou trois lectures à la fois. Dans le livre – il faudrait peut-être citer les « poèmes-journaux » d’Apollinaire qui datent du début du XXe siècle -- il y a quelque chose, dans ces discontinuités, qui s’est certainement autorisé de l’existence et de la nature du journal au long de plusieurs générations. Parce que l’on sait que le contemporain est habitué à ces sautes, ces ruptures, ces discontinuités, le poème capte ses éléments divers, hétérogènes comme l’a fait justement Apollinaire.
L’intertextualité
Je voudrais poursuivre ces réflexions en racontant une anecdote. Le peintre Georges Braque est interrogé un jour par une visiteuse à son atelier :« D’où vient ce bleu de la toile exposée ? »
Braque répond non par le bleu du ciel ou le bleu des yeux bleus, mais en entraînant la visiteuse dans un angle où repose une autre toile, ancienne, où se montre le bleu en question : réponse par l’intertextualité, donc, par la citation. Dans ce cas, on pourrait dire par l’autocitation. S’il déçoit la questionneuse, c’est pour lui rappeler l’une des sources : l’œuvre vient de l’œuvre.
Et le livre vient des livres.
Ces réflexions sur l’intertextualité, le fait que l’œuvre vient de l’œuvre et que les livres viennent des livres, me sont donc venues – ou revenues - à la lecture de certains textes de Patryck Froissart.
Comme celui dans lequel l’auteur, à partir d’une lecture /relecture d’un livre (Paul et Virginie), lui-même « représentation » du spectacle « de la vie », réécrit le roman. Il le dit :
Il faut bien aujourd'hui rétablir la réalité de cette autre partie de mon roman.
Je délivre l’authenticité de mon personnage, littérairement trahie par Monsieur de Saint-Pierre.
De quoi s’agit-il ? Si Virginie est Virginie, Paul n’est pas Paul, mais Domingue. Et Paul est le Vieillard, seul « admis dans le secret » :
Il n’arrivait point ici qu’il ne les découvrît tout nus, se tenant ensemble par les mains et sous les bras, comme on représente la constellation des gémeaux. Alors, le dos au tronc, il les contemplait, attendri.
Le grand jars blanc faisant le guet, le cygne marron peu à peu déniaisait l’oie.
Un beau jour, vient « un obscur capitaine ingénieur du Roi », M. de Saint-Pierre, cherchant « un havre sûr à ses jonctions réprouvables et inédites avec Madame P. » Et Domingue et Virginie indiquent au couple circonspect le leur, surveillé par Paul.
Ainsi l’auteur conclut un de ses poèmes, « Les colonnes d'Hercule » par une citation, en vers, d’un poème d’Amin Maalouf dans son roman, Samarcande :
Auprès de ta bien-aimée, Khayyam, comme tu étais seul !
Maintenant qu’elle est partie, tu pourras te réfugier en elle.
Mais c'est dans le texte « De l'obstination » que les liens intertextuels se manifestent le plus clairement :
La statistique (oh ! le mot laid) instruit que l’homme qui espère existe plus volontiers, et de manière plus dynamique, et par cet effet plus longtemps, que l’homme qui possède (lisez l’essai du sage Harold Kaprovski, Avoir sans être, être sans avoir).
Certes déçoit Candide aperçu qui racine entouré de navets dans son petit jardin.
En quelle vacuité du devenir, en la fadeur de quel boueux hameau, bougre, aurait, Sorel inconnu, scié Julien du bois pour quelque mère Nicolas si ne lui eût été donnée l'opportunité de prétendre à l’inaccessible ?
Oh ! L’ample déploiement de l’être en le cœur de Werther écrivant de Charlotte !
Louée soit l'hérésie par laquelle Abélard d’Héloïse s’éprit !
Devant mes autels auroraux à Cassandre je fais riche oblation de roses.
Je brandirais effrontément la banderole à Rome afin qu’on canonise Sherazade.
Je baise son portrait à chaque aller au lit et vénère ardemment la princesse de Clèves.
Dans mes forêts de songes francs, vierge ou ribaude en la variante, Atala règne.
J’idolâtre d'illustres inspiratrices, Ellénore, Manon, Marguerite, Julie.
Autre exemple avec « Le temps viendra » où il est question de Robinson Crusoë et de la personne réelle qui a inspiré Daniel Defoe :
Un jour fut sauvé Crusoë
La mer revient au sable après l’avoir quitté :
Décembre qui pavoise où l’astre se pavane,
Et ce chagrin qui bruine en l’air gris des Palmistes…
Patient dormit Selkirk espérant le trois-mâts
Paul et Virginie, Robinson Crusoé, Samarcande, Candide, Les Contes de Mille et Une Nuits : l’intertextualité irrigue Pulsations perverses.
Les livres sont ainsi psychodégradables ! Solubles dans le souvenir ou la rêverie, ils se reproduisent et donnent lieu à d’autres livres… Et il y a culture là où il y a travail actif de l’esprit sur l’objet qui l’a requis – travail actif, c’est-à-dire digestion, assimilation, incorporation finale…
« Lieux fastes »
Cette promenade d’un livre à l’autre, d’un « personnage de papier » à l’autre, voilà qu’elle gagne, avec le texte « Topographie », également les lieux « réels » que l’auteur semble avoir fréquentés :
Il est des lieux intrinsèquement fastes aux funestes rencontres, propices aux croisements fortuits, douloureux et féconds qui amorcent les rêveries et qui fondent les romans, favorables à l’enlacement des flammes dévastatrices des regards, sublimement filigranés d’histoires passionnantes.
Musarder au jardin de Pamplemousses, attendre le passer du rêve aux bancs ombrés du Jardin de la Compagnie, se baguenauder dans les souks à chichas de Khan Khalili, déambuler à Fez dans le flux des trottoirs vespéraux du boulevard Mohamed V, espérer l'épiphanie sur un siège indifférent dans la halle à Gillot où tant de vies s’égarent, être voyeur assidu sur le sable foulé, piétiné de la plage des Brisants, anatomiser la quamdam tout en fumant la cigarette, assis à la terrasse d’un café bondé de Bab Bouljoud, forcer à rester bées des paupières qui feignent de vouloir se pudiquement baisser, dans le salon de l'Ibn Batouta qui fend le flot entre Tanger et Malaga circonstancient l’événement déclencheur. La suite dépend de l'aptitude au songe.
Par la magie des mots, l’auteur est partout à la fois, les lieux se côtoient, s’entrecroisent. Les frontières ne sont plus étanches. Le texte redessine une autre topographie, imaginaire, des lieux. Le Maroc voisine avec l’île de la Réunion. L’auteur se sent pousser des ailes :
D'un seul vers d'ambroisie
Vers ailleurs je décolle
En haute frénésie.
Mais pourquoi l’auteur est-il si intensément satisfait par le simple fait d’être ailleurs ? Parce qu’on est amené à être plus attentif. L’altérité renouvelle l’attention. Et on voit l’urgence de la poésie dans un monde où notre défaut, le défaut le plus partagé est le manque d’attention.
« Méprise »
L’expérience poétique est un prendre-pour, prenant a pour b, non par erreur mais plutôt à la faveur d’une brève illusion, pour une transformation résolue, changeant l’erreur en ressort. Autrement dit : une méprise – ou un risque de méprise - est changée en prise par l’opération d’un poème. La vigilance poétique et la ferveur poétique favorisent le malentendu. Elles jouent avec l’erreur perceptive, ou « illusion des sens » -- prenant volontiers le nuage pour le troupeau --, mais pour changer la méprise en une vérité possible.
Des exemples de cette « méprise » abondent dans Pulsations perverses :
Et le roulis des rues me porte en son lit, sûr.
Dans le lac de ses yeux qu'elle engouffre mon boutre
Du lacs de ses cheveux me suspende à sa poutre…
Par ailleurs, il faut souligner la part considérable de la sensualité dans l'œuvre :
Je veux choir au magma de ton cœur volcanique
Boire à ta dame-jeanne et goulument ton philtre
Epicer ma nuit fade au piment de ton ventre...
M'insulariser roc dans l'atoll de ton corps
Me faire ta presqu'île corallienne...
M'ensabler à ton goût que m'importe où
Pourvu que jusqu'au bout tu daignes que je baigne
En l'absolu lagon de ton ventre vaudou.
Je terminerai sur une note personnelle. Je m’intéresse depuis quelques années à deux des plus grandes aventures interculturelles de l’Humanité : en Chine, sous la dynastie des Tang (7e-10esiècle), la plus prestigieuse de l’histoire de la Chine, et en Andalousie (7e - 15e siècle), la plus grande rencontre des hommes et des cultures du Moyen Age. Et je dois dire que j’ai été agréablement surpris de trouver des accents de cette deuxième aventure dans Pulsations perverses. Dans « Reconquista aléatoire » – il s’agit d’un véritable récit en prose – Ibn Rachid, s’en revenant de la grande mosquée omeyyade de Cordoue, heurte un passant et apprend à le connaître :
Il me prit à son bras lorsqu’il rendit visite. Qu’il fût flanqué soudain d’un compagnon nazaréen ne surprenait point dans la médina transitaire où se côtoyaient les lecteurs des trois Livres, où se mêlaient sans heurts hauts dignitaires musulmans et dhimmis innombrables. Marchant il me confiait sa foi en la raison.
Au-delà de l'intertextualité fondée sur une vaste érudition, de la sensualité à fleur de peau, de l'originalité de l'expression recherchée, ce qui me semble au mieux caractériser Pulsations perverses est bel et bien l'interculturel.

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Pulsations perverses Patryck Froissart

Pulsations perverses

Patryck Froissart


Chaque amour, un mythe qui recommence…
Dans Pulsations perverses, Patryck Froissart orchestre une odyssée où les siècles s’effacent, où les corps se cherchent à travers les métamorphoses, les renaissances et les enlèvements consentis que réinvente inlassablement l’imaginaire humain. De la plage originelle
aux déserts berbères, des jardins ombragés de Cordoue aux îles jeunes où s’affrontent les vents, le poète poursuit la silhouette fuyante de
l’Éternelle (amante, déesse, sultane, captive, revenante) que lui dispute un dieu jaloux, omniprésent et changeant comme la mer. Un alliage de prose pétillante et d’éclats lyriques qui convoque mémoire des mythes fondateurs, figures romanesques, sérails, lagons, tombeaux et mirages pour en faire la matière d’une quête inextinguible : retrouver l’Autre, celle dont chaque incarnation promet l’unité première de l’androgyne platonicien.
Dans cet entrelacs d’érudition et de sensualité, le lecteur voyage à travers les civilisations, les langues et les formes, guidé par une voix
qui interroge l’amour, la perte, la répétition et la persistance du désir à travers les âges.
Pulsations perverses est moins un recueil qu’un labyrinthe lumineux, où la poésie devient une manière d’habiter le monde, d’affronter les
dieux, et d’aimer malgré – ou grâce à – l’infini des séparations.

Format 145 x 205 mm, 274 pages N&B


 

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12/10/2025

Mon lexique chti, par Patryck Froissart

 

Lexique des parlers de ch'coin-là

 

 

Abanner (s'): s'abandonner, se laisser aller, se prostituer

Abéqui: bouche bée (bec ouvert)

Abille, abile : vite, dépêche-toi, dépêchez-vous !

Abusieux: séducteur

Acali : plein de cals

Acater : acheter

Achitoter (s'): se parer avec affectation

Accorchu, écourcheux : tablier

Accourché : raccourci

Acoitir (s'): se tapir

Acruir : mouiller

Affiert : adroit, habile

Affique: épingle

Aflatter : caresser, câliner

Affuter (s'): se débrouiller

Affutiaux : petits ornements ; parties naturelles de l’homme

Afolure: contusion, blessure

Agache : pie

Agaïant: salamandre

Agarchonner (s'): fréquenter les garçons

Agazoulier un enfant: le pousser à babiller

Agligner (s'): s'agenouiller

Agobiles: objets qui n'ont ni usage ni valeur

Agneuse: acariâtre

Agriner(s’) : devenir mauvais, en parlant du temps

Agripard : patron avare

Agroulier : griffer, égratigner

Agroyer: agripper

Aheuré : dont les horaires sont strictement réglés

Ahoquer : accrocher, faire un accroc

Aïon : échoppe non couverte

Ajouque : jeune effrontée

Ajouquer (s’) : s’accroupir

Alboidier : insulter, injurier violemment

Albran : voyou, vaurien

Allourder: séduire

Amelle : grosse armoire

Amicloter : langer, dorloter, pouponner

Amitieux: affectueux

Anaine : chenille

Ancher : respirer mal, avoir le souffle court

Antipane: voile, rideau qui habille l'autel

Anusse: médaille pieuse qu'on porte au cou

Aplaidier: vanter les qualités de ses marchandises

Apotager: salir, abîmer

Applommé : épuisé, accablé de fatigue

Arambiles : vieilles choses sans valeur

Arménaches : gravats, décombres

Arbotter (s’) : se rhabiller

Arbraquette : binette

Arche-noé: salle de cabaret

Archelles : baguettes de saule, ou d’osier

Archiner (substantif) : goûter (substantif)

Archiner : manger son goûter

Arlander: lambiner, s'attarder

Arlaque : enfant bruyant, tapageur

Arlicotter: secouer, branler, agiter

Arlocher : secouer, branler, agiter

Armontière : début d’après-midi, moment où on reprend le travail après le dîner

Arnitoiles : toiles d’araignées

Arnu : orage

Arpassure : café de deuxième ou troisième passage

Arpillant: cupide, âpre au gain

Arsaquache ou rassaquache : ce qu’on retire de la soupe pour une préparation à part

Arsaquer : retirer

Arsarcir : raccommoder

Arsoule : ivrogne

Artau: grand repas

Artoils : orteils

Arvoyure(à l’) : au revoir

Arwétier : regarder

Atapir (s'): se cacher, se tapir

Atargète: cabaret où on s'attarde

Attriau, atériau: gorge, poitrine

Aveule : aveugle

Avitin: legs, héritage

Babeluttes :bonbons tendres au goût de caramel et de cannelle.

Babotte : petite lucarne de pignon

Bacatiau: voir basse-campe

Badine(à l’) : bras dessus, bras dessous

Badoulette : femme qui a beaucoup d’embonpoint

Bafiousse : baveuse

Bager: embrasser

Baiou: qui regarde bouche bée, autant avec les yeux qu'avec la bouche

Baisse : baiser de salutation sur la joue (il convient d’en échanger quatre dans le Nord)

Balon: bonbon commun

Balouffes : grosses joues, bajoues

Baquetée:os et déchets de viande que le boucher vend à bas prix

Baraquins : forains, gens du voyage, habitants d’une caravane

Barlicot: sexe masculin

Barou : tombereau

Barziner : bruiner

Basse-campe : cabinet, lieu d’aisances

Basse-danse : jeu amoureux

Batinse : poutre

Baudelée: charge que porte un baudet

Baudesse: féminin de baudet

Béfeler : baver

Bébelle: (faire bébelle): caresser le visage d'un enfant en disant « fais belle » ou « fais bébelle » pour le faire sourire.

Béber: sein

Bénache : heureux, content

Berdéler : marmonner

Berdouille : boue du Nord

Berlaffe : claque, gifle

Berlière: lambeau d'étoffe – à berlières: en lambeaux

Berlinque : fille facile

Berloquer : baller, balancer

Berquinné: contrefait, qui a les jambes tournées

Bertonner : rouspéter

Bèrziner : se remuer

Beubeux : frères de la Miséricorde qui consolaient et encourageaient les suppliciés

Beuter : regarder sans être vu

Biblot : sexe masculin

Biecquebos : pivert

Biéquer: se dresser naturellement, bander

Bigorgner : regarder en louchant

Bilonbaines : testicules

Bilteux : joueur, passionné des jeux de hasard

Binuber : se marier en secondes noces

Birlongeoire : balançoire

Bisbisse : conflit

Biscaïen : grosse bille en fer

Bistoque : cadeau, récompense

Bistouille : café très chaud auquel on a ajouté une dose d’alcool de genièvre

Blache : pâle, blafard, blême

Blandir: flatter, caresser (ancien français)

Blèfer: baver (de plaisir, de gourmandise)

Bleusse: histoire sans fondement, carabistoule

Bofe : cave

Bondi : pli fait au bas d’un vêtement pour le raccourcir

Boquet : écureuil

Borègne : habitant du Borinage

Boreine : pipe grossière

Boudaine : nombril

Boudinette, boutinette : ventre, nombril

Bouleusse : grande bassine à lessive, qui servait aussi pour le bain du samedi soir

Bourlotte, ou bourbotte : jeune fille grasse

Bouriauder: torturer

Bouserer: couvrir de bouse

Bowète : galerie, trou, boyau de mine

Bradé : gâté, dorloté

Brain : merde

Brayette: braguette

Brayou, brayousse : pleureur, pleureuse

Brèle : bon, bonne à rien

Briquet : désigne deux tranches de pain collées l’une sur l’autre et fourrées de divers composants. Terme beaucoup plus beau que l’horrible anglicisme « sandwich »...

Brissaudage, brissodage : gaspillage - Brissoder : gaspiller, perdre – Brissodeux, brissodeuse

Broquer :beugler

Broudier : derrière, cul

Brousé : sale, sali

Buot: buisson

Buresse: lessiveuse, laveuse

Burne: excroissance, nodosité sur les branches d'un arbre

Busette: bec de bouilloire, ou de cafetière

Busier : penser, réfléchir, méditer

Caberdouche: cabaret louche

Cachaloques : terme chti pour désigner des collecteurs de vieux chiffons

Cache : chasse

Cachifs : chassies matinales

Cado : chaise pour bébés

Cafotin: partie naturelle de la femme

Cahuler: criailler

Calauder: bavarder, caqueter

Calo : bille

Camanette: cancanière

Camoufliache: restes de viandes qu'on fricasse

Camousser : moisir

Campe : pétard – camper : exploser

Campernouille: salope, putain

Camuche : niche à chien

Candroule: chandelle

Cantiaux : fesses

Capageoire: femme dépensière

Carabistoules : histoires à dormir debout, fadaises, mensonges

Carée: grande quantité

Carmène: viande de basse qualité

Carnasse: cartable

Carrette : charrette, voiture, automobile

Cartoufles : pommes de terre

Catibés :mûres (baies)

Catimurons: baies du roncier

Catoulles : chatouilles

Caudron: renoncule

Caufourer:s'échauffer, fermenter, démanger

Cazéye : asticot, larve servant d’appât pour la pêche

Chanonesse : débauchée

Chenique : alcool fort

Chicklet : chewing-gum

Chiler: siffler (vapeur)

Chine: grimace

Chirloute : mauvais café

Choler: bousculer

Cholette : boule en bois

Chouiner: fesser

Chuchette : boire sin jus al chuchette : boire son café à petites gorgées en laissant fondre le morceau de sucre le plus lentement possible sur la langue. C’est un art difficile.

Cinsier : fermier

Claquart: pétard

Codin : jeune coq

Comodieux: riche

Convers: retraite, abri. Commerce amoureux (ancien français)

Cotron : cotillon, jupe

Cotronner : avoir une relation charnelle avec une femme

Cougnolles ou coquiles : brioches traditionnelles de la Saint Nicolas ou de Noël

Coule : couille

Coulonneux : terme chti désignant un éleveur de pigeons voyageurs à concours

Counette : sexe de la femme

Courtil : jardin

Coyette (être à s’): être bien

Crane : beau, bien arrangé, bien habillé

Crape : salissure; femme malpropre

Crapé : sale, terreux, crasseux

Craque: mensonge

Cras-nez : morveux

Cron, cronque : contrefait, contrefaite

Croupette (à) : accroupi

Cru, crute : mouillé(e)

Cruauder : arracher les cruaux, les mauvaises herbes ; sarcler

Cufarte : grosse femme paresseuse qui aime s’avachir au coin du feu

Cul païelle (à): à la gredindelle

Cutourniaux :culbutes, pirouettes

Dache, dachette : clou

Dal : cochon, verrat

Dallache : désordre – Queu dallache ! Quel désordre ! Quel gâchis !

Débauché: attristé, malheureux

Décafoter : fouiller, gratter

Décampe: étage

Décarocher : raconter n’importe quoi, délirer

Déconcané : décontenancé

Défiquier: décolleter, découvrir la gorge

Déflinquée : maigre

Défunquer : mourir

Dégavarlé : qui a la poitrine découverte

Déglaminter (se) : se lamenter

Dégrivaler: dégringoler

Déguène: allure, comportement

Dékerquer: décharger

Délaque(cha quéiot al) : il pleuvait des trombes

Déloufer : vomir

Démaflié: mal en point, en particulier un lendemain de fête trop arrosée

Démandibuler : casser la mâchoire

Démaquache: vomissure

Démousquinage: démolition, destruction

Dénorter : changer d’avis

Desbotter (se) : se déshabiller

Desgoncé: déçu, désappointé

Destriver : nier

Détricher: séparer, trier

Dévérinner (se) : se déhancher, comme si on est monté sur un vérin

Dévirouler: dégringoler

Déwanner : sortir qqch d’un orifice étroit, dégainer

Djèter: bourgeonner

Drache : pluie

Dringuelle : pourboire, étrenne

Drisse : diarrhée

Droule : femme de mauvaise vie

Droulion : servante sale, souillon

Ducasse : fête foraine communale annuelle

Eauffe (ou auffe, hauffe, wauffe): gaufre

Ebeulé : ahuri

Escafiotte: cosse des pois, fèves, haricots...

Ecafure : pourboire – Voir aussi dringuelle

Echuché d’Bermerain : avare

Eclette : éclat d’ail

Eclites : éclairs

Ecloi: urine

Ecour : entrecuisse

Ehancé : hors d’haleine, essoufflé

Ehure, hayure ou haïure: haie

Emberdouiller, imberdouller : couvrir de boue, de berdouille

Embroquer (s'): s'endormir

Enfunquer : empuantir, s’agissant particulièrement de fumées

Erloqueter: wassinguer

Ennoeiller: regarder une chose avec l'envie de se l'approprier

Ensacquer: mettre en un sac

Epardre: répandre, épandre

Epautrer : écraser, aplatir

Epoquer: acculer contre un mur

Epoufer (s'): s'étouffer (de rire)

Equette : copeau

Escafoter : gratter, tisonner, tripoter

Escamiau: partie surélevée d'une grange

Esclachoire: lanière

Espiture : éclaboussure

Esquinté : fatigué, fourbu

Estabrique: partie naturelle de la femme

Estoquer(s’) : s’étrangler, s’étouffer

Etole, étolette : petite construction annexe, en jardin ou attenante au corps de logis, débarras, pièce à charbon. Pouvait être l’abri nocturne d’une chèvre, ou d’un mouton

Fache : couche, lange

Fafiéler : bredouiller, en bavant ; parler avec difficulté

Farcé : en retard, pour ne s’être pas réveillé à l’heure

Fiche: suppositoire

Fième: mucosité

Flatte : bouse de vache

Fonc, foque, foncques : seulement, rien que…

Fouan : taupe

Fricadelles : boulettes frites de pain (trempé dans le lait et la bière) et de hachis de bœuf et de porc

Frimaire : homme grand et maigre au caractère flegmatique

Frioler: frémir (eau sur le point de bouillir)

Fronchiner: tortiller

Froucheler: tripoter, peloter (une femme)

Fucheau : putois

Gadroulier: toucher, caresser

Gadrouliète: mijaurée, précieuse

Gaïette, ou gaillette : morceau de minerai de houille, qui se ramassait sur les terrils

Gailler, gaille: noyer, noix

Gaiole : cage

Galatasse : cabinet de verdure

Gardin: jardin

Gaudinette: jeune fille vive, qui aime le plaisir

Glaine : poule

Godain: braises sous la cendre

Gogue: noix

Grisir : devenir gris

Groéte : petite fille méchante, qui se conduit comme une furie

Grognou, grognousse : grognon, pleurnichard, pleurnicharde

Grolle : espèce de corneille qui a un cri fort désagréable

Gruger : avoir froid

Guernoter: grelotter

Guerziller: grelotter

Guerzin: grésil, petite grêle

Gueulette : petite bouche

Guife : figure, visage

Guignette: œillade

Guiler: avoir peur, fuir le combat

Guince : cuite, ivresse – Queune guince ! Quelle cuite !

Guinse (faire el) : faire la noce

Halau : saule

Hogéneries : violences sexuelles contre femme

Hoguiner: se livrer à des hogéneries

Huche : porte, huis – Va-t-in à l’huche : sors d’ici ! Prends la porte !

Huchelet: petite porte qui s'ouvre dans une plus grande

Hurion: hanneton

Imberner: enduire

Infliquer(s’) : se faufiler

Infuter: enfoncer

Ingrinquer (s’) : se coincer

Inquenne: échine

Inraquer : embourber

Inrasasiape : insatiable

Joquer : s'arrêter, stopper

Laitison : pissenlit blanchi dans une taupinière

Lamplumu : compote de pommes repassée au four

Langreux, langreuse : squelettique

Leu : loup

Libouli : sorte de crème pâtissière

Louchet : bêche rectangulaire

Louppe : lèvre – Faire s’louppe : faire la grosse lèvre, bouder

Loute, biloute, louloute : termes pour désigner le sexe masculin; apostrophes affectueuses : viens chi, m’loute : viens ici, mon enfant…

Lumechon : limace

Machuqué : abîmé, piqué

Maclotes : grumeaux

Magonion : soufflet, gifle, claque

Maguet : bouc

Malo : taon

Malotter : disputer, corriger

Mangoniser:donner bonne apparence à ses marchandises

Manoque : panier dans lequel on fait nicher les pigeons

Manoqueux : paresseux, pédant

Mappe : bille

Maquée: fromage blanc

Marale : gamin sans expérience

Margnoufe : coup

Marie-madou : femme obèse

Marmouser: marmonner

Marouner: courir les filles (ou les garçons)

Matte : fatiguée

Mayète : menu bois pour allumer le poêle

Méquène : servante; jeune fille

Michorelle : pince-oreille, forficule

Miler : guetter, épier

Miroulle : richard

Misseron : moineau

Miue ! Mange ! du verbe mier, manger

Mofler: recaler (à un examen)

Molettes (faire des): faire des manières

Mordreux : méchant, prêt à mordre

Mouflu: synonyme de auflu

Moulon : asticot

Mouser : faire la moue

Moussoile : belette

Moute-li : montre-lui

Mouter : traire

Mouviar : merle

Muchette : cache-cache – se mucher : se cacher

Muterne : motte de terre couvrant une taupinière

Nactieux : qui fait le difficile, le dégoûté

Naquer : renifler, humer – Substantif : naque : malpropre

Naquetout : mêle-tout

Nasse : morve

Négresse : poêle à charbon

Niflette : nez qui coule

Nique doule : couillon

Noirglache: verglas

Noncalieux: paresseux

Nonuches : choses sans valeur

Noulle : nouille

Osielle: femme qui n'a pas très bonne presse

Ossiaux : os

Pallée : pelletée

Panchelot : ventru, pansu

Pane: tuile

Patacons :rondelles frites de pommes de terre

Paterliqueux: dévot qui perd son temps à prier

Paterliquier: réciter (des prières)

Patiau : 1- boue 2- emmerdement – Queu patiau ! Quel ennui, quelle merde !

Patriquer: patauger

Peineux: honteux

Pennetières, peimes-tierre, pétotes : pommes de terre

Péoule : coureuse

Pépette : derrière, cucul (enfantin)

Perchèle : bleuet, barbeau

Pertéloir: anus

Perziais : nom rouchi de Préseau (près de Valenciennes)

Pétote : pomme de terre

Pétrole: conte, mensonge

Pévèle: pâture

Piessinte : petit sentier

Pipioter: piailler comme un oisillon

Pis : puis

Pleumer: éplucher

Plousse: coureuse

Pluquer: manger lentement, à petites bouchées, sans appétit

Polir: repasser (le linge)

Polissage: action de polir (cf ci-dessus)

Poquettes volantes : varicelle

Pourcheau de mur : cloporte

Pourrisse: féminin chti de pourri

Praute: blague

Prone ( avoir s’) : être soûl

Prones : prunes

Pureler : épandre sur un jardin le contenu de la fosse d’aisances

Purière : fosse à purin

Quéière : chaise

Quéïr : tomber, choir

Quénèque : bille

Querpillon : trottoir

Querre : chercher

Quervé (être): être soûl

Queuette (faire) : faire l’école buissonnière

Queule : chiendent

Queveau d'l'apocalisse: le cheval de l'Apocalypse (femme grande et maigre)

Quier : chier

Racoufter (se) : se rhabiller

Rafantir: retomber en enfance

Ragrigner (se): se ratatiner

Ramoncheler (se) : se recroqueviller

Randouiller : frapper fort

Rapiat : avare, grippe-sou

Raquion : crachat

Rasiner : racler un plat, une casserole..., y ramasser ce qui y reste, avec un morceau de pain, par exemple.

Raton : gifle

Ratons : crêpes

Rébulé : son de blé

Reculot : dernier-né d’une fratrie

Réhu : fatigué

Renculoter : pousser, acculer dans un coin

Répamer, rispamer : rincer

Rhabillures : habits neufs

Rigaudaine : rossée

Rigodée : averse abondante

Rimée : gelée blanche

Rinflinquer : répliquer vertement

Robiner : glaner

Roïette : petit sillon

Romatiques : rhumatismes

Roupieux: honteux

Rouselant: rougissant, rouge de bonne santé

Ruque: motte

Russes (avoir des): avoir des difficultés, des problèmes

S’agriner : devenir mauvais, en parlant du temps

Saint Quertophe: saint Christophe

Saisissure: frayeur vive

Saquer : tirer, prendre – Expression : « Saque d’dins, ch’est du bège » : Sers-toi, prends-en, c’est du belge (ce n’est pas cher, c’est du produit de contrebande)

Sauret d’étalache : personne très maigre

Sauret : hareng saur

Sécral : personne très maigre

Seille, seilleau : seau

Souglou  ou seglou : hoquet

Sourite: souris

Taïon : bisaïeul

Tape-daches : pied de cordonnier

Taques d’antile : taches de rousseur

Taudion : logement étroit et sale

Tchier : chier

Tertousses : tous

Tianbernant (daller in) : marcher les jambes écartées, comme si on a quelque chose qui pèse dans la culotte

Tignon : chiendent

Tioire: femme ayant la mine pâle

Tiot, tiotte : petit, petite

Tiot bite: s'emploie pour apostropher un jeune garçon à qui on veut signifier qu'il n'est encore qu'un enfant

Tirlibibis : jeux de hasard dans les ducasses

Torsélion: trognon

Tortiner : perdre du temps, traîner

Tototes : seins – Synonyme : gougouttes

Toubac: tabac

Toudis : toujours

Tourbisions: vertige

Tourpiner: mijoter, comploter

Toutoule : fofolle

Toutoute: chienne de compagnie

Tranenne : luzerne

Trottement: tout de suite, vite

Troule : femme de mauvaise vie

Troussepète: fillette dont le jupon est retroussé à l'arrière, pour éviter qu'il se salisse

Truches : pommes de terre

Truiette : petite cochonne

Tubin : petit seau

Tuter : sucer

Vingt diousses : vingt dieux (juron)

Vir (verbe) : voir

Vitrot: grand-mère vitrot (dont on attend la mort et l'héritage)

Warlouque : qui regarde de travers (au propre et au figuré)

Wandroule : coureuse, prostituée

Wiche : biloute

Yard: liard, sou

Yoïche : visqueux

Yoyotte : ingénue

Zièpe: savon mou

 

11:43 Écrit par Patryck Froissart dans Chti, Mes ouvrages publiés | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | |  Imprimer | Pin it! |

06/06/2025

Contredanses macabres: synopscènes

On peut d'ores et déjà le commander directement chez l'éditrice:
Un souffle noir traverse ce recueil comme un vent de fin du monde. Poète en rupture, en colère, en verve, Patryck Froissart orchestre une sarabande de visions, de cris, de satires et de prières païennes. Un éclat – de chair, de verre, d’étoile – projeté par un verbe incandescent. Ici, les dieux tombent de leur piédestal, les peuples s’égarent dans les ruines de Babel, les amours se consument dans le fiel. Et pourtant, entre les lignes fauves, un désir d’humanité affleure, indocile, tenace. Avec cette fresque lyrique et caustique, le poète nous tend un miroir sans complaisance. Il y a de la démesure, de l’outrance, de l’irrévérence, mais aussi une vibrante espérance : que le verbe, encore, sauve ce qui peut l’être.
(Note de l'éditrice, Amalia Achard.

Contredanses macabres

 

ProlégomènesCouv Contredanses macabres_.jpg

 

''L'homme est naturellement bon.'' Merci, Rousseau! Voilà un postulat qui m'a fait, lorsque je l'ai lu, une sacrée belle jambe!

Admettons.

Si Dieu existe, si l'homme est sa créature, si cet homme est naturellement bon, on en déduirait tout aussi naturellement que c'est Dieu qui l'a fait bon.

Or l'homme n'est pas bon, on le constate à longueur de temps.

''C'est la société qui le pervertit.'' Merci, Rousseau! Voilà un autre postulat qui m'a fait, lorsque je l'ai lu, une seconde sacrée belle jambe.

Fort de mes deux belles jambes rousseauistes, je me suis mis debout et j'ai voulu regarder Dieu en face, pour en savoir davantage, comme ont tenté de le faire en leur temps les personnages psychédéliques de Michel Lancelot.[1]

Je ne l'ai pas plus vu que Guy Béart ne l'a vu à Amsterdam.[2]

Alors je me le suis créé.

Je l'ai fait poétiquement, en usant, en abusant, certains diront en mésusant du Verbe, ce Verbe qui se serait fait Dieu (ou inversement) juste avant de créer le monde et de faire en sorte que la lumière fût.

Un Dieu-Verbe ne peut pas ne pas apprécier la poésie. Je lui dédie la mienne.

Ma poésie...

Pour me donner un genre.

Quelle poésie?

Classique?

A forme fixe?

Libérée?

Avec ou sans rimes?

Prose poétique?

Poésie prosaïque?

Je n'ai que faire de ces taxinomies. Je « fais » comme « ça » vient, en donnant du sens au son, et du son au sens.

Le verbe grec poïen qui est la racine étymologique de notre poésie, on le sait, se traduit en français par « faire ».

Or Aragon précise, avec raison, car le poète a toujours raison, que faire signifie chier.

Je verbifie. Je poétifie. Je « fais », à la va-comme-je-pousse. Je tartis mes pages.

Je « fais » le monde, tel que je le vois, tel que je le sens, pouah, tel que nous sommes tous en train de nous le pourrir, de nous le massacrer…

 

C'est, pour moi, une démarche de déconstipation mentale.

 

[1]             Michel Lancelot – Je veux regarder Dieu en face – Ed. J'ai Lu (1972)

[2]             Guy Béart – A Amsterdam - 1976

Patryck Froissart
Patryck Froissart, originaire du Borinage, a enseigné les Lettres dans le Nord de la France, dans le Cantal, dans l’Aude, au Maroc, à La Réunion, à Mayotte, avant de devenir Inspecteur, puis proviseur à La Réunion et à Maurice, et d’effectuer des missions de direction et de formation au Cameroun, en Oman, en Mauritanie, au Rwanda, en Côte d’Ivoire. Membre permanent des jurys des concours nationaux de poésie de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France), rédacteur de chroniques littéraires pour La Cause Littéraire, membre du Comité de Lecture de la revue Art et Poésie, membre de la Société des Gens de Lettres, de la Société des Poètes Français…

12:10 Écrit par Patryck Froissart dans Mes ouvrages publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | |  Imprimer | Pin it! |

29/05/2022

Les bienheureux, de Patryck Froissart Préface de Marc Durin-Valois

LES BIENHEUREUX


Patryck Froissart

PREFACE de MARC DURIN-VALOIS

 

couverture redimensionnée.jpgEcrire des nouvelles est un art compliqué. L’histoire de ce genre littéraire est néanmoins ponctuée de splendeurs. Mais à vouloir faire court, on longe un précipice, celui de la caricature. Une des explications de la bouderie actuelle du public pour le genre tient au fait que certains écrivains ont pensé que produire une série de dix nouvelles sur quinze pages était plus aisé que de développer un roman sur cent cinquante. Un peu comme si le cent mètres exigeait moins d’efforts que la course de fond au motif que la distance était plus courte. D’où des tentatives qui ont lassé des lecteurs souvent bien disposés mais égarés dans des machins littéraires peu convaincants. Car la nouvelle a ceci de particulier qu’elle est l’art de l’inachevé. Chacune de ses séquences, je dirai même chacune de ses phrases, doit ouvrir sur un espace littéraire qui n’existe pas, qui n’est jamais écrit mais qui se dessine en filigrane dans l’esprit du liseur. L’exercice est d’autant plus subtil que ce champ –en quelque sorte l’ombre portée du texte- ne s’approche pas à travers un vocabulaire flou, indécis. Ce serait trop facile. C’est la précision du propos, la finesse de la trame qui libère cet espace. La nouvelle est donc le départ de quelque chose, jamais un aboutissement. Sa dernière phrase ne referme pas un texte, elle l’ouvre en indiquant une orientation pour errer dans un imaginaire qu’elle fait émerger à travers le fil invisible qui traverse le recueil. Car c’est là l’autre difficulté de la chose : une nouvelle ne se suffit pas à elle-même. Elle tisse des liens secrets, suscite des résonances puissantes avec les autres récits du même opus. En ce sens, non seulement elle ne duplique pas la construction littéraire sur des formats courts mais elle l’inverse et la refaçonne. Dans « Les bienheureux », Patryck Froissart nous en livre une démonstration foisonnante. Les femmes y dévorent les hommes avec un sourire doux, amusé et sensuel. Toutes dialoguent entre elles, d’une histoire à l’autre, dans un dialogue qui n’est jamais écrit, ou même évoqué. Au gré des lecteurs, l’une ou l’autre image de ces diaboliques s’imposera plus fortement. Mais celles des deux filles malicieuses du garagiste envoyant les automobilistes ad patres, de la sublime domestique Indranee posant son pied sur le dos d’un cadre français fasciné, ou encore celle, lancinante de Stéphanie, vampirisant le talent d’un écrivain en lui offrant en échange ses seins à lécher, n’ont pas fini de nous hanter.

Marc Durin-Valois

 

Marc Durin-Valois figure parmi les romanciers inscrits dans une littérature française ouverte sur le monde et notamment les États-Unis et l'Afrique où l’auteur a passé sa jeunesse.
Il est notamment l'auteur de "l'Empire des solitudes" (JC Lattes), Prix de la Rochefoucauld, de "Chamelle" (JC Lattes), Prix National des Bibliothèques et Prix de la Francophonie, porté au cinéma par la réalisatrice Marion Hansel, et de "La dernière nuit de Claude Eatherly" (Ed Plon), paru lors de la dernière rentrée littéraire.

 

08:45 Écrit par Patryck Froissart dans Critiques de mes livres | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | |  Imprimer | Pin it! |

02/10/2021

La More dans l'âme (extrait)

Là, ils se desséchèrent de plus belle le gosier en inspirant incessamment des nuées de fumée bleue, et ils se l’irriguèrent en s’envoyant de nouvelles gorgées de bière fraîche, et, plus tard, dans la brume du lieu d’ambiance, ils reconnurent la fille.

 

Esperanza, là, lalala, lalalala, chantonnait, yeux mi-clos, et dansait seule, autant ivre en printemps qu’ils l’avaient connue saoule en hiver.

 

Ils la halèrent au bar, la hissèrent sur un tabouret et l’y épaulèrent afin qu’elle y tînt, la surhébétèrent de bière à la pression, puis, l’étayant de leurs bras entre eux deux, chacun animé des mêmes malhonnêtes intentions, ils la tractèrent tout au long du corridor ténébreux et la remorquèrent au travers du trottoir où, éteints qu’étaient à cette heure-là les rais des réverbères, régnaient des ténèbres propices.

 

— On va où, chéri ? radotait-elle.

 

— On y va, lghzala, on y va, querida mia, vamos, tu verras ! baragouinait Jean doucement.

 

L’air frais fouetta leurs desseins et la ranima un petit peu.

 

Ils l’affalèrent sur la banquette arrière.

 

Jean s’assit auprès d’elle et lui entoura le col, qu’elle avait long, d’un bras propriétaire.

 

— On est où, chéri ? bavassait-elle en une rengaine résignée, alors que la voiture quittait à toute vitesse les remparts millénaires et s’enfonçait dans la lueur pâle et fantasmagorique semblant émaner des immenses plaines à blé qu’il fallait traverser avant d’atteindre les premières sinuosités de la route grimpant abruptement vers le marabout qui marquait l’accès aux hauts plateaux.

18:57 Écrit par Patryck Froissart dans Mes ouvrages publiés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | |  Imprimer | Pin it! |

28/08/2021

Li Ann ou Le Tropique des Chimères, critique de Paule Andrau

La critique de Paule Andrau

J'ai lu votre ouvrage avec plaisir : la cruauté de la peinture du microcosme d'un lycée s'estompe grâce à la légèreté du récit éclaté, articulant sa poly-énonciation sur le personnage masculin, central. Alternant ironie et tendresse, votre écriture qui touche parfois à la trivialité bon enfant d'un "San Antonio" rejoint la quête du langage, de ses infinies déclinaisons et de ses curiosités d'un Rabelais.  

Avec quelle désinvolture - mais le romancier est roi dans son monde - vous "dégagez" les personnages importuns pour rendre votre "héros" aux émotions d'un premier amour retrouvé.

Le réseau complexe des voix féminines qui se tisse autour de "Jean Martin dit le Borain" et que domine un narrateur orchestral, me fait penser aux Bijoux indiscrets de Diderot, roman libertin et transgressif, où l'auteur, amusé, convoque, comme vous le faites, désirs, fantasmes, sensualité et passion autour du sultan Mangogul.   

 

 

Agrégée de lettres classiques et professeur de Chaire supérieure, Paule ANDRAU a enseigné en Lettres Supérieures et Première Supérieure au Lycée Masséna (Nice).
Elle est l’auteure de Violences, un livre paru tout récemment chez Maurice Nadeau (Les Lettres Nouvelles).

22/02/2021

Li Ann ou Le Tropique des Chimères, roman tragi-comique de Patryck Froissart par Noé Gaillard

De Noé Gaillard dans Daily Médias (Suisse) lien

En illustration réussie de couverture c’est la fée de la lune… On dira qu’il s’agit d’un roman contemporain et réaliste raconté de manière particulière.

Contemporain parce que nous sommes dans un grand lycée où se côtoient des personnes comme celles que l’on peut rencontrer dans la vie. Un proviseur Jean Martin dit Le Borain qui se dit Monsieur le Provisoire qui partage la vie de Michelle nantie de deux filles, ses deux adjoints : Simone l’acariâtre, et Lucas le bon bougre, Jacqueline la secrétaire principale un peu nymphomane qui veut séduire Jean et Li Ann fraîchement embauchée pour aider au surcroit de travail de la rentrée et encombrée d’un beau-père. Et ces gens-là vont vivre quelques moments particuliers. Apparemment rien de très original. Sauf si vous faites raconter ces moments par ceux qui les vivent. Cela nous donne d’abord trois manières différentes de voir un même événement. Les trois principaux raconteurs : Jean, Jacqueline et Li Ann… Comme il va de soi que ces récits manquent d’objectivité, l’auteur a rajouté un narrateur qui commente et remet les choses en place pour faciliter notre compréhension de ce qui se passe. Mais attention ! Ne lisez pas trop vite, car ce même narrateur ajoute des données. C’est ainsi que ce qui pourrait être un banal fait divers rejoint le tragique des adultères divins…

J’ai noté pour le plaisir de l’image : (c’est Li Ann qui parle du regard de Jean posé sur) « la joufflure de mes fesses. »

Idéal pour se détendre de manière non anodine et trouver quelque plaisir aux malheurs littéraires des autres. A déguster dans vos transports en commun.

Li Ann ou le Tropique des chimères
Auteur : Patryck Froissart
Editeur : Maurice Nadeau

www.maurice-nadeau.net

 

Li-Ann-ou-le-tropique-des-chimeres.jpg

01:11 Écrit par Patryck Froissart dans Critiques de mes livres | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | |  Imprimer | Pin it! |